Le “VIVIER” un modèle pour la Suisse !

13.02.2019 : Blog - Le Temps

13 février 2019 Xavier Comtesse Santé Digitale    

Il existe plusieurs modèles d’incubateur, à savoir des lieux dédiés à faire croitre de jeunes pousses (start-ups). Les plus performants aujourd’hui sont ceux liés à une entreprise. Ils paraissent plus naturels que les incubateurs des parcs scientifiques des Hautes Écoles. À l’image du grand sapin qui protège et alimente de jeunes arbres dans son entourage, l’incubateur d’entreprises veille sur sa « progéniture ». C’est efficace car ce qui manque le plus au start-up, ce n’est pas le transfert du savoir-faire technologique mais bien le transfert du savoir-faire entrepreneurial et commercial. Toute chose
qu’une Haute École ignore.

Un exemple suisse romand de ce type d’incubateur est le « Vivier ». C’est un « success story » vraiment très intéressant. Jugez-en par vous-même.

À l’origine il y avait d’abord CPAutomation, une usine spécialisée en automation et robotique puis une holding CPA Group qui vient juste de changer de nom pour devenir Nivalis Group. Cette nouvelle raison sociale s’inspire de « galanthus nivalis », soit le nom scientifique du perce neige. « Cette plante, par sa capacité de percer une faible couche de neige, est la première à sortir de l’hiver. Elle symbolise ainsi les jeunes entreprises qui transforment un environnement hostile en une opportunité », souligne Christophe Fragnière, le fondateur. Donc en 2010 le bâtiment industriel du Vivier qui héberge aujourd’hui l’incubateur du même nom est construit. Depuis, plusieurs dizaines de start-up sont fondées sous l’égide de l’entreprise mère, dont Vidi System qui a été vendue en 2017 aux américains de Cognex. Il faut dire que Vidi représente une sacrée histoire dans l’intelligence artificielle industrielle. Reto Wyss, le scientifique est un « data scientist » de l’intelligence artificielle avec un parcours brillant. Alors travaillant au CSEM, il est sollicité pour résoudre un problème de vision industrielle. Concrètement, il fallait trouver des algorithmes pour identifier visuellement des pièces fabriquées. Les ingénieurs de l’EPFL planchent deux ans sur le problème et trouvent une solution boiteuse qui ne pourra jamais être commercialisée. Reto Wyss est alors sollicité. Il lui faudra 48 heures pour résoudre l’énigme avec du « machine learning ». Vidi System sera créée dans la foulée et vendue 5 ans plus tard. Gros succès.

Mais il y a d’autres pépites au « Vivier » dont RegenHu qui construit des imprimantes 3D fabriquant artificiellement du vivant notamment de la peau humaine. Son dynamique Directeur Marc Thurner est un ancien des programmes entrepreneurials de Venture Kick à la Swissnex de Boston. Son entreprise est en phase de développement rapide et cherche de nouveaux investisseurs pour grandir encore. Avis aux amateurs de risques payants.

Un modèle pour la Suisse

Plus proche de la mentalité suisse et bien plus naturel que les incubateurs universitaires : le « Vivier » devrait servir de modèle à toute la Suisse. C’est aujourd’hui exactement ce qu’il faudrait faire. Messieurs les responsables bernois de la politique, de l’économie et de la science ou de « Présence Suisse » … pas besoin d’aller à Las Vegas ou à la Silicon Valley… le modèle est sous vos yeux à moins de 50 km de Berne !

Pour vous convaincre sachez que des géants comme Microsoft à Seattle ou SoftBank au Japon pratiquent ce genre de modèles depuis longtemps.

Cela marche pour eux … pourquoi pas pour nous … en tous les cas le « VIVIER » en est une démonstration convaincante.

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